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Cartographie de la vulnérabilité intrinsèque

La caractérisation du risque de contamination des eaux sur l’Aire d’Alimentation d’un captage repose sur plusieurs étapes. L’analyse du risque propre au « milieu physique », également dénommé vulnérabilité intrinsèque, constitue le premier jalon de cette caractérisation. Couplé au comportement des différents types de contaminants dans le milieu (aptitude à l’adsorption, vitesse de dégradation…), il permet de déterminer une vulnérabilité spécifique. Le risque de contamination intègre finalement à cette information les pressions exercées sur le territoire : un milieu particulièrement vulnérable mais entièrement boisé ne présentera par exemple pas ou peu de risques de contamination.

Le volet relatif à la cartographie de la vulnérabilité intrinsèque des Aires d’Alimentation de Captage est lui aussi traité par les deux guides méthodologiques déjà mentionnés comme références pour la délimitation des AAC. Le premier de ces guides, datant de 2007 [Vernoux et al., 2007], concerne la vulnérabilité aux transferts de contaminants vers les eaux souterraines (donc par infiltration) et le second, datant de 2012 [Le Henaff et Gauroy, 2012a et 2012b], la vulnérabilité aux transferts de contaminants vers les eaux de surface (selon le type de ruissellement, les phénomènes de transferts en sub-surface ou encore de dérive atmosphérique). La mise en œuvre de l’un ou de l’autre dépend donc du mode de captation des eaux mais aussi et surtout du mode de transfert identifié comme prédominant sur l’AAC lors du diagnostic initial. Néanmoins, il n’est pas rare de voir intervenir plusieurs – voire l’ensemble des – mécanismes de transfert dans l’alimentation du captage, c’est pourquoi il sera préconisé de les utiliser conjointement dans la plupart des cas rencontrés [Catalogne et al., à paraître].

Les deux guides proposent de s’appuyer sur différents critères jugés pertinents pour caractériser la vulnérabilité du milieu vis-à-vis des différents types de transferts. On retrouve ainsi des caractéristiques relatives aux propriétés du sol (perméabilité, épaisseur, texture, sensibilité à la battance…), au climat (précipitations efficaces, saisonnalité…), à la topographie (pente, distance au cours d’eau), aux propriétés de l’aquifère (perméabilité, degré de karstification) ou encore à la présence de dispositifs de drainage agricole.

Dans le cas du guide relatif aux eaux souterraines, ces critères sont combinés au travers d’une formule mathématique simple reposant sur le principe d’une pondération entre les paramètres, selon l’importance qu’on leur accorde vis-à-vis de la vulnérabilité (la forme de la combinaison étant adaptée au(x) type(s) d’aquifère(s) rencontré(s) sur l’AAC). Le résultat prend alors la forme d’une unique carte de vulnérabilité pour l’ensemble de l’AAC permettant de repérer aisément les zones les plus sensibles au risque de transfert vers les eaux souterraines.

Carte de vulnérabilité intrinsèque de l'AAC de Saint-Maxire - Echiré (79)

Dans le cas du guide relatif aux eaux superficielles, les différentes données doivent être interprétées au travers d’une expertise locale, notamment pédologique, adaptée à l’échelle du territoire étudié. Cette méthode se différencie de la précédente en ce qu’elle conduit à la production de plusieurs cartes de vulnérabilité, relatives aux différents modes de transferts superficiels (ruissellement, drainage, dérive atmosphérique…). L’avantage est ici de disposer d’une gamme de résultats qui pourra faciliter l’identification des actions les plus pertinentes pour limiter la dispersion des contaminants dans le milieu aquatique.

Quelle que soit la méthode considérée, l’une des principales limites reste sans doute la difficulté à obtenir toutes les données requises sur l’ensemble de l’AAC. Il s’agit en particulier du cas des données relatives aux propriétés du sol qui peuvent, selon les régions et en l’absence de campagne de terrain, rester trop grossières (ou lacunaires) au regard des objectifs de la cartographie de vulnérabilité [Vernoux et al., 2011]. En tout état de cause, l’échelle des données à employer doit s’adapter à l’échelle du territoire étudié et, dans le cas des AAC les plus vastes, il pourra être pertinent de réaliser un premier travail de hiérarchisation des secteurs les plus prioritaires au regard des pressions exercées pour ensuite affiner le diagnostic de vulnérabilité intrinsèque.

Pour en savoir plus :

  • Catalogne C., Le Henaff G., Carluer N. (2016). Guide pour l’évaluation de la vulnérabilité intrinsèque aux transferts hydriques de contaminants d’origine agricole dans le cas d’une Aire d’Alimentation de Captage à transferts mixtes- Présentation de la méthode et exemple d’application. Rapport IRSTEA-ONEMA, 98pp. Télécharger

  • Catalogne C., Carluer N., Le Henaff G., Vernoux J.F. (2014). Guide pour la délimitation et la cartographie de la vulnérabilité intrinsèque d’Aires d’Alimentation de Captages à transferts mixtes. Rapport IRSTEA/BRGM-ONEMA, 58 pp. Télécharger

  • Le Henaff G., Gauroy C. (2012a). Délimitation des aires d’alimentation de captages en eaux de surface et caractérisation de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions agricoles diffuses par les pesticides – Note bibliographique. Rapport Irstea-MEEDDM/MAAP, 65 pp. Télécharger

  • Le Henaff G., Gauroy C. (2012b). Délimitation des aires d’alimentation de captages en eaux de surface et caractérisation de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions agricoles diffuses par les pesticides – Guide méthodologique. Rapport Irstea-MEEDDM/MAAP, 55 pp. Télécharger

  • Surdyk N., Vernoux J.F. (2011). Approche simplifiée de la vulnérabilité spécifique des eaux souterraines vis-à-vis des produits phytosanitaires. Rapport BRGM-ONEMA, 59 pp. Télécharger

  • Vernoux J.F., Wuilleumier A., Dörfliger N. (2007). Délimitation des bassins d’alimentation des captages et de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions diffuses - Guide méthodologique. Rapport BRGM-AESN, 72 pp. Télécharger

  • Vernoux J.F., Barrez F., Wuilleumier A. (2011). Analyse des études de délimitation et de vulnérabilité des aires d’alimentation des captages d’eau souterraine « Grenelle ». Rapport BRGM-ONEMA, 118 pp. Télécharger

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