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Diagnostic initial et délimitation de l'AAC

Le diagnostic initial repose en premier lieu sur l’analyse de la qualité des eaux prélevées au captage. Du point de vue des normes sanitaires, ces analyses sont prises en charge et mises à disposition par les Agences Régionales de Santé qui définissent alors les modalités d’échantillonnage (fréquence et nature des analyses réalisées) selon le type de ressource prélevée et la population desservie. Par ailleurs, elles peuvent être renforcées par des contrôles effectués par le producteur d’eau ou la collectivité en charge du captage. Ce type d’analyse fournit l’information élémentaire à l’identification de la nature de la contamination (le type et la diversité des contaminants détectés, les concentrations observées, la fréquence de dépassement des normes de potabilité…) et permettra de poser les objectifs, tant quantitatifs que qualitatifs, du programme d’action.

Les informations recueillies lors de ces analyses peuvent également s’avérer précieuses pour mieux caractériser certains aspects de la contamination tels que l’identification des sources d’émissions potentielles, la détermination des modes de transferts prédominants ainsi que les vitesses de circulations (autrement dit le temps de séjour des contaminants). Ce type de diagnostic pourra également être utilement complété par des analyses plus poussées, relatives à des paramètres physico-chimiques non obligatoires au regard de la réglementation (conductivité électrique, paramètres d’oxydo-réduction, isotopes…) [Barrez et al., 2013b, Gourcy et Petelet-Giraud, 2011].

Cet état des lieux hydrochimique constitue l’une des composantes du diagnostic initial qui doit permettre de caractériser plus largement le fonctionnement de l’AAC et, à terme, de délimiter celle-ci. Les autres outils nécessaires à cette tâche sont exposés dans deux guides méthodologiques dédiés respectivement aux eaux de surface [Le Henaff et Gauroy, 2012b] et aux eaux souterraines [Vernoux et al., 2007] avec, pour cette dernière ressource, des distinctions selon le(s) type(s) d’aquifère(s) rencontré(s) (aquifère continu, aquifère discontinu fissuré, aquifère discontinu karstique). Il s’agit de mener des études à caractère hydrologique et hydrogéologique pour caractériser, dans toute leur complexité, les chemins de l’eau intervenant sur l’AAC. Ceci inclut la prise en compte des possibles interactions entre eaux de surface et eaux souterraines [Barrez et al., 2013a] mais aussi des éventuels aménagements anthropiques susceptibles de transférer de l’eau entre bassins sans connexions hydrauliques naturelles (canaux et fossés, réseaux de collecte des eaux pluviales…). Pour cela, il peut être fait appel à un large panel de techniques aujourd’hui bien maîtrisées par les chargés d’étude (bilans « entrées/sorties », expériences de traçage artificiel, relevés et cartes piézométriques, essais de perméabilité ou encore modélisation hydrodynamique) mais nécessitant le plus souvent l’acquisition d’un certain nombre de données sur le terrain et par conséquent des délais et des financements parfois importants (à mettre en rapport avec les dimensions et la complexité de l’AAC étudiée).

Une délimitation précise de l’AAC permettra de bien cibler la zone sur laquelle porter les actions et ainsi de favoriser leur acceptabilité par les acteurs, en particuliers les agriculteurs lorsque l’AAC recouvre une part non négligeable de Surface Agricole Utile (SAU).

Pour en savoir plus :

  • Vernoux J.F., Wuilleumier A., Perrin J. (2014a). Délimitation des aires d’alimentation de captage d’eau souterraine et cartographie de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions diffuses. Version révisée du guide méthodologique. Rapport BRGM-ONEMA, 150 pp. Télécharge
  • Barrez F., Wibaux V., Le Henaff G., Vernoux J.F., Carluer N., Catalogne C. (2013a). Aide quant à l'optimisation des actions pour protéger un captage : méthodologie de choix d'actions pertinentes en fonction des typologies de transfert sur une AAC. Rapport Irstea/BRGM-ONEMA, 29 pp. Télécharger
  • Barrez F., Wibaux V., Le Henaff G., Vernoux J.F., Carluer N., Catalogne C. (2013b). Aide à l'optimisation des actions de protection des captages : apports du diagnostic hydrochimique à la connaissance des Aires d’Alimentation de Captage. Rapport Irstea/BRGM-ONEMA, 48 pp. Télécharger

  • Gourcy L., Petelet-Giraud E. (2011). Utilisation des outils isotopiques pour la délimitation des aires d’alimentation des captages destinés à l’alimentation en eau potable. Rapport BRGM-ONEMA, 77pp. Télécharger

  • Le Henaff G., Gauroy C. (2012b). Délimitation des aires d’alimentation de captages en eaux de surface et caractérisation de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions agricoles diffuses par les pesticides – Guide méthodologique. Rapport Irstea-MEEDDM/MAAP, 55 pp. Télécharger

  • Vernoux J.F., Wuilleumier A., Dörfliger N. (2007). Délimitation des bassins d’alimentation des captages et de leur vulnérabilité vis-à-vis des pollutions diffuses - Guide méthodologique. Rapport BRGM-AESN, 72 pp. Télécharger

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